Il y a encore quelques mois, nous aurions pu convenir que si les espaces de coworking séduisaient de plus en plus les grands groupes, dans les faits, ils n’étaient utilisés que par peu d’entre eux. Ces derniers ne voyaient que dans ces espaces flexibles, une opportunité pour aider à la créativité et à l’innovation de certaines équipes projets. C’est désormais sous un nouveau jour et avec de nouvelles ambitions que les grandes entreprises étudient la pertinence du modèle, allant même pour certaines jusqu’à transformer leurs espaces vacants en espaces de coworking. Au-delà de la flexibilité, le sujet de l’externalisation des compétences est au cœur des débats. Synonyme de bien-être, de maîtrise des coûts et d’agilité, les espaces de coworking n’en finissent pas de se renouveler !  

Comment évolue le marché du coworking ?

Bien qu’ayant été touché comme tous les secteurs par la crise du coronavirus, le marché du coworking n’en reste pas pour autant moins porteur.

Après avoir pesé près de 30 milliards de dollars en 2018, le marché mondial du coworking pourrait atteindre 120 milliards en 2025 selon Welkin & Meraki. Un constat un peu plus mesuré dans la dernière étude de Xerfi, « Les opportunités post-crise sur le marché du coworking et des bureaux flexibles – Leviers et perspectives de croissance à l’horizon 2023 » qui annonce que le secteur devrait davantage se structurer dans l’année à venir au profit d’une offre plus orientée vers le bureau opéré -ou corpoworking- et l’hospitality management. Un changement de cap qui impose un renouveau du positionnement de ces espaces, oscillant entre exploitants d’espaces en propre, et prestataires de services. Le marché se constitue ainsi peu à peu et vient s’appuyer sur un modèle emprunté au monde de l’hôtellerie. Les exploitants d’espaces de coworking et d’espaces hybrides sont annoncés comme les principaux acteurs de ce marché des bureaux opérés. Parmi les plus actifs sur le territoire, nous relevons les anglosaxons WeWork et Regus suivi par Wojo, Morning et Spaces

Découvrir tous les espaces de coworking disponibles à Paris

Philippe Morel, Président et Co-Fondateur de Dynamic Workplace, se confiait récemment dans les colonnes de la Tribune sur le rôle de ces opérateurs nouvelles générations : « Le rôle de l'opérateur d'espaces tertiaires est double : tout d'abord force de conseil en amont sur la conception des usages, sur les équipements digitaux, sur les services, aux côtés de l'entreprise et de ses collaborateurs, comme auprès de l'investisseur. Et ensuite en tant qu'acteur, référent unique au sein du bâtiment, intégrateur de l'ensemble des prestations, garant de la qualité effective des prestations, de la commercialisation et, globalement, du modèle économique. Reprenant les codes de l'hôtellerie et du retail, cet opérateur d'un nouveau genre assure enfin l'animation de la communauté des résidents. Un actif opéré est ainsi un actif souvent moins consommateur de mètres carrés, plus serviciel et plus animé, dont la commercialité est renforcée, donc durablement mieux valorisé. »

Au-delà de ce renforcement de l’offre adressé aux grands utilisateurs, le marché du coworking se révèle bel et bien être une tendance lourde puisqu’il répond plus que jamais aux besoins de diversification et d’adaptation des entreprises. Il est aussi une solution à la réticence qu’ont les entreprises à contracter des baux classiques.

Une étude de CBRE fixe d’ailleurs à 86% le nombre de CEO de grandes entreprises mondiales en quête d'une "office solution mixte".

Qui sont les utilisateurs des espaces de coworking ?

Nous l’avons bien compris, le coworking ne s’adresse plus aux seuls indépendants, freelances et entrepreneurs. Les profils d’utilisateurs se sont étendus jusqu’à séduire les grands groupes qui souhaitent avant tout repenser leur immobilier dans une démarche globale incluant un aspect financier certains, mais aussi social.

Engie a ainsi externalisé son département numérique dans le secteur de la gare Saint-Lazare à Paris, regroupant près de 120 salariés qui ne voulaient pas travailler à la Défense. C’est aussi tout naturellement que le Groupe Carrefour s’est installé depuis 2019 dans l’espace WeWork Paris 13, ainsi que Thales qui a déployé sa « Digital factory » au sein de l’espace WeWork Lafayette. Morning vient quant à lui d’annoncer l’ouverture d’un espace de coworking dans le siège de Nestlé, à Issy les Moulineaux.

Au-delà des aspects financiers et de flexibilité évoqués plus haut, ces utilisateurs ont également de plus en plus recours aux espaces de coworking pour des opérations tiroirs comme des déménagement, pour assurer une continuité d’activité en cas d’indisponibilité de sites (notamment du en ce moment au taux limité de présence sur site) ou tout simplement pour s’éviter des recherches de nouveaux sites, souvent couteuses et chronophages.

Autant de raisons qui font les espaces flexibles sauront conserver tout leur attrait auprès des grands groupes et se faire une place de choix dans ce marché de l’immobilier de bureau bousculé par la crise sanitaire.